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Rejointoyage de façade : chaux ou ciment ?

Des joints qui se creusent, du sable qui coule quand on les gratte, de l’humidité dans les murs : votre façade réclame un rejointoyage. Voici comment nous l’abordons sur les maisons anciennes de la région liégeoise.

Par Olivier Herten6 min de lecturePublié le

Façade en brique avec arche et encadrements en pierre bleue

Le joint est la partie la plus exposée d’une maçonnerie. Il protège la pierre ou la brique de la pluie et laisse le mur respirer. Quand il s’use, l’eau s’infiltre et le gel fait le reste. Refaire les joints au bon moment, avec le bon mortier, protège une façade pour de longues années.

Quand faut-il rejointoyer ?

Quelques signes ne trompent pas :

  • les joints sont creusés en retrait de la pierre ou de la brique
  • le mortier s’effrite ou se transforme en sable quand on le gratte avec une clé
  • des fissures suivent les joints
  • des taches d’humidité apparaissent à l’intérieur, contre les murs exposés à la pluie
  • des mousses ou des plantes s’installent dans la façade

Inutile, en revanche, de tout refaire au premier joint abîmé. Sur une façade globalement saine, une réparation localisée suffit souvent. C’est ce que la visite sur place permet de trancher.

Chaux ou ciment : le bon mortier pour votre mur

C’est la question la plus importante, et celle qu’on nous pose le plus. La règle est simple : le joint doit être plus tendre et plus perméable que la pierre ou la brique qu’il entoure.

Sur un mur ancien en moellons, en pierre calcaire ou en briques d’époque, nous travaillons au mortier de chaux. La chaux laisse l’humidité du mur s’évacuer et suit les petits mouvements du bâtiment. Un joint au ciment, trop dur et trop étanche, enferme l’eau dans la maçonnerie : avec le gel, ce sont alors les pierres et les briques qui éclatent, pas le joint.

Sur une maçonnerie récente en briques dures ou en blocs, un mortier à base de ciment reste adapté.

Angle de mur en briques et pierres de taille, rejointoyé à la chaux
Maçonnerie ancienne : un joint à la chaux protège la pierre au lieu de l’abîmer.

Les étapes d’un rejointoyage

  1. Le diagnostic : état des joints et des pierres, humidité, nature du mortier d’origine.
  2. Le dégarnissage : les anciens joints sont retirés sur une profondeur suffisante, sans abîmer les arêtes des pierres ou des briques.
  3. Le nettoyage : les joints sont dépoussiérés et, si nécessaire, la façade est nettoyée.
  4. Le rejointoyage : le support est humidifié, puis le mortier est posé et serré en plusieurs passes.
  5. La finition : joint brossé, plat ou légèrement en retrait, selon le caractère de la façade.
  6. La protection : le mortier est protégé du soleil, de la pluie battante et du gel pendant sa prise.

Combien de temps dure le chantier ?

Tout dépend de la surface, de l’état des joints et de l’accès à la façade. Le rejointoyage se fait de préférence du printemps à l’automne : un mortier de chaux ne se pose pas par temps de gel, ni par fortes chaleurs sans protection.

Pour une façade de maison, le chantier dure en moyenne 3 jours.

Ce qui fait varier le prix

Le rejointoyage se chiffre généralement au mètre carré. Plusieurs éléments font varier ce prix :

  • l’état des joints existants et la difficulté à les dégarnir
  • le type de maçonnerie : pierre, brique, appareil régulier ou irrégulier
  • la hauteur de la façade et le besoin d’un échafaudage
  • le nettoyage, les pierres ou les briques à remplacer
  • la finition choisie

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